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    Publié : 30 juin 2016

    Grande Normandie

    Prix Bayeux des correspondants de guerre dans l’académie de Rouen

    Du 3 au 8 octobre 2016

    LA CLASSE PRIX BAYEUX DES CORRESPONDANTS DE GUERRE - LE PRIX REGION DES LYCEENS – OPERATION #DYSTURB, LA PHOTO S’AFFICHE –

    Trois opérations

    1. Classes Prix Bayeux des correspondants de guerre

    Parallèlement au rendez-vous grand public du « Prix Bayeux des correspondants de guerre », ouvert à tous, une programmation spécifique est proposée aux lycéens. Des classes ont la chance de participer durant toute la semaine à l’événement.

    Pour la « Classe Prix Bayeux des correspondants de guerre », une classe de lycée de l’Eure a été sélectionnée pour vivre le Prix Bayeux des correspondants de guerre 2016 (Semaine du 3 au 8 octobre). Cette sélection est exceptionnelle car il s’agit d’une année de mise en place de l’événement pour le Clemi de l’académie de Rouen. Pour l’année scolaire 2017-2018, l’opération sera supportée par la publication d’une circulaire et de dossiers de candidature.

    La « Classe Prix Bayeux » bénéficie du transport, de l’hébergement, de la restauration et de l’implication pédagogique de la classe et des professeurs dans toutes les manifestations culturelles, durant la semaine du Prix, grâce à la ville de Bayeux.

    2. Le Prix Région Normandie des lycéens et des apprentis

    Les classes « Prix Région des lycéens » bénéficient, d’une part, du transport vers un établissement-site de la Seine-Maritime ou de l’Eure, le lundi 3 octobre 2016, afin d’y visionner des courts métrages de guerre et de voter pour le meilleur d’entre eux, lequel devient alors le reportage lauréat du prix des lycéens. Ces classes bénéficient, d’autre part, de l’intervention dans leur lycée de reporters du collectif #Dysturb qui appliquent sur un mur une photo de guerre tirée en version affiche de grande dimension, avec décryptage par les phororeporters "colleurs".

    Le lundi après-midi, 3 octobre 2016, des établissements-sites de l’Eure et de la Seine-Maritime (Evreux, Le Havre, Dieppe, Rouen) recevront des personnes de la ville de Bayeux pour organiser le visionnage de reportages de guerre, au format télévision, de quelques minutes.

    La ville de Bayeux fournit à ces établissements-sites un DVD des reportages en lice, des urnes et des bulletins de vote. Les élèves visionnent les reportages et sont invités à voter pour le meilleur, à leurs yeux, qui sera lauréat du Prix Région des lycéens. Les représentants de la ville de Bayeux emporteront les urnes pour un dépouillement des votes.

    Visionner des reportages en compétition constitue une fenêtre sur le monde, un monde que l’adulte sait instable par ses conflits (Moyen-Orient avec les radicalisations, Russie-Ukraine etc.) C’est une confrontation active à la géopolitique. Les professeurs d’histoire-géographie, en général, mais aussi les professeurs de lettres (littérature et société) contextualisent les belligérances, les enjeux économiques, dont il va être question durant la projection (à l’aide de kits envoyés l’un dès la rentrée scolaire 2016, l’autre avec le DVD des reportages en lice dès le 26 septembre).

    Témoignage d’élèves sur la sélection du Prix lycéen 2015 : Le silence règne dans la pièce. Les reportages s’enchaînent, remplis d’émotion, d’images choquantes. Quelques minutes suffisent à rompre le silence et terrifier la salle. Quand les lumières se rallument des regards déconcertés se croisent. Ces reportages font comprendre les atrocités commises sur les civils et, qu’ailleurs sur la planète, la guerre règne au quotidien. Et pourquoi pas chez nous ? Justine, Thibault, Jules (classe de seconde).

    Ecrire, photographier, dessiner

    Les classes du Prix Région des lycéens sont également conviées à écrire. Le mardi matin, afin de mobiliser et d’exploiter les idées relatives aux courts métrages visionnés, mais aussi les échanges avec un photoreporter, après le vote, les élèves rédigent, dans leur lycée, des articles pour le journal Citoyen du monde spécialement publié pour le Prix.

    Les contributions des élèves peuvent être graphiques, par exemple, le dessin de Camille qui a été mis à l’honneur : elle explique pourquoi elle a pensé à un œil en gros plan : J’ai choisi un œil, car il peut représenter la caméra du reporter. La tête de mort est mise à la place de la pupille pour montrer qu’elle est centrale en temps de guerre et que même le reporter court un danger.

    Potentiellement, ces lycéens journalistes auront des dizaines de lecteurs, adolescents et adultes, ce qui représente pour eux une responsabilité citoyenne et une véritable expérience de journalisme. Ils doivent capter l’attention du lecteur, l’ « accrocher » pour l’intéresser à leur production en une sorte de stage exceptionnel. Les élèves doivent se constituer en rédaction, organiser une conférence de cette rédaction, afin de trouver des sujets, de se les répartir.

    Les articles sont à envoyer à citoyendumonde@ac-caen.fr. Le journal est distribué le samedi.

    L’éducation aux médias d’information converge avec l’enseignement moral et civique dans cette opération car il faut pour l’élève développer un regard critique, une compréhension de ce qu’il voit. La rencontre avec l’un des reporters en lice, ensuite, permet de mettre des mots, quand il en est besoin, sur des images de violence verbale ou physique.

    Le Prix Bayeux des lycéens a une grande importance aux yeux des reporters car il se situe au même niveau que les autres prix décernés.

    Citoyen du monde : apprendre, restituer en immersion

    Les élèves de la Classe Prix Bayeux sont en immersion pendant une semaine, notamment du jeudi matin au samedi soir, lors de la remise des prix. Ils assistent à des rencontres avec des correspondants de guerre. Ils visitent les expositions installées le temps du Prix Bayeux, ils assistent à des soirées débats. Pour eux, il s’agit d’une découverte et d’une compréhension de l’information vécue comme une réflexion sur la marche du monde et de ses théâtres de guerre actuels.

    Pour les Classes Prix Bayeux, comme pour les classes du Prix Région des lycéens, les élèves doivent très vite trouver des angles, recouper les informations, les mettre en forme avec concision, clarté, objectivité, en sollicitant la curiosité du lecteur. Ils le disent eux-mêmes. Une élève du Prix 2015 :

    On se rend compte qu’il y a énormément de contraintes, que l’on doit respecter des choses […] Il y a des choses qu’on ne peut pas dire, même si on en a très envie. On ne doit pas choquer. C’est beaucoup plus compliqué que ce que je pensais. C’est une ouverture sur le monde, c’est une façon différente de voir les choses, beaucoup plus approfondie, ça m’intéresse vraiment beaucoup. (Joséphine)

    Produire soi-même de l’information radio, vidéo

    Les élèves réalisent des émissions de radio à partir d’interviews de reporters. Ils sont au cœur de l’éducation aux médias car ils produisent de l’information. Produire soi-même de l’information, quel qu’en soit le support, permet de comprendre comment les professionnels construisent leurs reportages. Les rencontres avec les correspondants de guerre sont un moyen d’inverser les rôles, c’est-à-dire de mettre les professionnels dans la situation des civils ou des militaires qu’ils interviewent. Les élèves les interpellent avec une grande motivation et une absence d’a priori qui bousculent le travail de tous les jours des journalistes, sur les théâtres de guerre. Le jeu de rôle tourne au jeu de miroir réversible, car les élèves se font journalistes stagiaires.

    3. #Dysturb les murs, les photos s’affichent !

    Le collectif de photoreporters #Dysturb, afin de promouvoir la photo de guerre, oubliée ou peu mise en valeur par la presse quotidienne ou magazine, française ou internationale, a lancé une opération consistant à coller dans des établissements scolaires des photos, sous forme d’affiches, certaines de quatre mètres sur cinq, afin de susciter la curiosité des élèves et de les amener à découvrir et débattre.

    (Une partie du texte ci-dessus est la transcription de propos recueillis in Les élèves du Prix Bayeux, un film réalisé par Olivier Tréfeu, Canopé Normandie et le témoignage d’Emmanuelle Griffon, Clemi de Caen.) Egalement, pour les citations de propos d’élèves in Citoyens du monde, Le Journal des lycéens, académie de Caen.

    Valentin Locoge, professeur responable de la classe du lycée Marc Bloch, parle de la Classe Prix Bayeux 2016 :

    "Une vingtaine de lycéens du Lycée Marc Bloch ont eu l’opportunité de participer en octobre au Prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre, dans le cadre de l’atelier Sciences Po de l’établissement. Trois jours durant, les élèves ont pu participer à des nombreuses activités proposées par l’équipe pédagogique du festival. Expositions de photographie (Virginie Nguyen, Edouard Elias, Gilles Caron, etc.).Débats-rencontres avec des journalistes (Rémy Ourdan du Monde, Claude Guibal de France Inter, et Jean-Claude Guilllebaud, ex-Le Monde et Sud Ouest).Soirées du festival : hommage au journaliste assassiné James Fowley, soirée sur l’Afrique des grands lacs et soirée de clôture du festival. Les élèves ont pu assister, en direct, à l’émission "Un jour dans le monde", animée par Nicolas Demorand. Ils ont également pu rencontrer des membres de Reporters sans frontières et des journalistes aidés par cette association. Enfin, 4 élèves de notre groupe ont participé encore plus activement au festival en intégrant le dispositif web-radio d’une part (encadré par le clemi), et le dispositif presse écrite d’autre part (encadré par Ouest France). Ces trois journées ont été à la fois riches en rencontres et en émotions, nos élèves en sont revenus ravis malgré l’intensité et la technicité de certains sujets. Nous remercions d’ailleurs ici les équipes du festival et du clemi qui ont proposé et mis en place cette formidable opportunité pour nos élèves."