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    Publié : 29 mai 2016

    Du papier à l’Internet

    Les Unes des quotidiens

    Daniel Salles, Olivier Dufaut, Sceren CNDP – CLEMI, janvier 2010.

    La Une reconnaissable

    Le rôle principal des Unes des journaux et magazines dans les kiosques est de les rendre reconnaissables et d’ « annoncer et mettre en valeur tous les contenus essentiels ». Les Unes sont « les carrefours de tous les enjeux de la presse ».

    On parle de presse bien évidemment pour ce qui est imprimé, même si couramment on emploie également le terme presse pour ce qui relève de l’Internet. Beaucoup de journaux et magazines non imprimés sont dits en ligne et « dématérialisés ».

    Les auteurs précisent d’emblée que l’ouvrage « à quelques exceptions près » va se limiter à la presse quotidienne.

    Que voit l’internaute dans les titres dématérialisés ? Des contenus à profusion et divers même s’il ne s’agit que de Unes que l’ascenseur doit faire défiler vers le bas. Les « grilles de lecture et d’analyse » sont nécessaires pour faire le tri dans l’abondance.

    Rappels historiques d’abord, sous deux angles : la « lente maturation » et « Internet, nouvelles libertés, nouvelles contraintes ».

    PREMIERS JOURNAUX OU LIVRETS D’ACTUALITÉ

    La mise en page n’a pu qu’évoluer avec le développement économique qui a généré une avancée technique selon des critères sociaux et culturels. Les premiers journaux imprimés étaient de la dimension d’un livre et obéissaient aux règles d’imprimerie. Pas de titres ni colonnes, pas de hiérarchisation de l’information. Dans la Gazette de Théophraste Renaudot (30 mai 1631) pas de titres, pas de rubriques. La manchette est réduite au minimum avec le nom du journal. Une lettrine (gravure sur bois) pour agrémenter le texte, et pas d’illustration.

    C’est cent cinquante ans plus tard que la Gazette de France présente « deux colonnes séparées par un filet triple ». Le titre de Une est « mis en valeur dans un cadre orné qui occupe le quart supérieur de la page. Les villes de provenance de l’information sont passées « de la marge aux colonnes », centrées, sans interlignage. Le texte est un peu plus aéré.

    Abandon de la chronologie

    La hiérarchisation des informations finit par abandonner la simple chronologie et les rubriques au sens strict ne commencent à devenir régulières qu’en 1789 avec la Gazette Nationale et Le Moniteur universel. La période révolutionnaire est une période où la presse explose, mais sans modification notable de la typographie ou de ma mise en page. Les formats des quotidiens grandissent « après 1827 grâce à une nouvelle loi postale » modifiant le colonnage (trois à six colonnes).

    Girardin, le pionnier

    Émile de Girardin invente le financement du journal par la publicité. La dernière page consacrée aux annonces quitte le rédactionnel gris. Les produits doivent être mis en avant par la « taille des titres », l’ « épaisseur des caractères », et les lettres blanches sur fond noir. Dans La Liberté, en avril 1866, il publie des livres en feuilleton et crée des rubriques avec une structure thématique.

    Alphabétisation du peuple, liberté de la presse, améliorations des techniques d’imprimerie (développement du chemin de fer) marquent le XIXe siècle. On passe aussi d’un « ordre linéaire à un traitement de l’espace ». La titraille, les blancs pour la respiration du texte, l’usage de la photo, en format grandissant, le passage dans celle-ci des « portraits statiques » à la « représentation d’événements » sont une révolution pour l’œil. Des illustrations pleine-page marquent la Une et la Dernière, dans Le Petit journal (dessins colorés), par exemple. On peut y voir l’assassinat d’archiducs, des découvreurs en Amazonie dans un dessin soigné qui se veut quasi photographique.

    La photographie, grande gagnante

    L’Excelsior en 1910 donne une importance capitale à la photographie qui change les fonctions de l’illustration, notamment les photos prises « sur le vif » ou « événementielles ». Paris-Soir, en 1932, dédie 50 % de l’espace de Une à la photo, la totalité en Dernière. Le bélinographe assure « la transmission à distance de photographies ». Le journal publie « une édition spéciale avec une photo du roi Alexandre Ier de Yougoslavie une heure après son assassinat ».

    1945 : la Une se fait « Une-affiche, page mosaïque où les articles disparaissent au profit de longues titrailles et où la composition ne respecte plus les équilibres. » A partir de 1970, le développement de la photocomposition « impos[e] les grilles de mise en page et les chartes graphiques […] les maquettes-gabarits sont rigidifiées et prédéterminées dans un logiciel ». Une meilleure hiérarchisation en découle. Enfin, avec l’offset, c’est « la couleur à la Une ».

    Les tendances actuelles des quotidiens ou magazines imprimés sont dans la réduction des formats (maniabilité), l’importance de l’iconographie (pour les jeunes et les annonceurs). La lecture devient plus « rythmée » comme sur le Web.

    INTERNET, NOUVELLES LIBERTÉS, NOUVELLES CONTRAINTES


    Modèle papier

    Au milieu des années 1990, apparaissent les « premiers sites de presse en ligne sur la Toile ». Entre 1996-1997, les principaux titres de la presse quotidienne ont « une édition en ligne ». Mais ce n’est pas toujours opérationnel : la version papier transférée sur écran est difficile à lire après des connexions lentes. Mais cela s’arrange rapidement pour plaire au lecteur. On note des « plus produits » traduits par des « accès aux rubriques, dossiers, archives, articles uniquement en ligne ».
    On commence avec un tout payant, le pay-per-view, puis on passe à un tout gratuit (l’ennui ce sont les pubs, en abondance). Intermède : 2003, effondrement des start-up. On en vient au « site mixte » : des articles sont accessibles un certain temps avec des blogs et des forums gratuits, tandis que le reste se paie.

    Site internet multimédia

    2004-2005 : les auteurs de l’ouvrage trouvent que la presse en ligne devient réellement performante, tant en quantité, diversité que qualité. Les articles ne sont plus liés qu’ à des photos mais aussi à des graphiques, des cartes, des diagrammes, des « animations diverses ». Enfin vient l’audiovisuel. On est alors en face de sites multimédias.

    Le site internet interactif

    Les journalistes ne sont plus les seuls à écrire : les lecteurs interviennent avec des blogs, des commentaires. Ils ne se contentent pas de lire les articles, ils y « répondent », jettent un œil sur les commentaires d’autres lecteurs. Certains sites ont des « modérateurs » pour limiter les dérapages des visiteurs animés de mauvaises intentions (nuire au site, publier des propos haineux ou pornographiques) ou gérer le flux du fait d’une congestion de commentaires.

    Quelle complémentarité entre l’imprimé et le numérique ?

    Le prestige du Net est tel que ce sont les versions en lignes qui ont de l’aura, au point que les sites sont de plus en plus cités par les revues de presse des radios. On trouve aussi chez son kiosquier des compilations imprimées d’articles en ligne, reprenant des extraits de sites web. Les bi-médias (mot inventé par Serge July) côtoient aussi des journaux uniquement en ligne (pure-payers) tels que Mediapart, Agoravox, Rue89, Bakchich. Agoravox accueille véritablement des lecteurs-rédacteurs : des « citoyens-reporters » qui fournissent des articles, des images, des sons.
    De fait, l’écriture journalistique évolue et « ce mouvement est loin d’être terminé ». La/les crise/s économique/s fait/font que des journaux américains ont abandonné les éditions papier « pour subsister uniquement dans une version électronique ».

    De la Une à la page d’accueil

    L’ensemble visuel est le résultat du « travail d’un certain nombre de professionnels ». Ils travaillent sur la maquette, qui produit du sens, sous la forme d’ « effets contaminants » issus de juxtapositions d’articles et d’illustrations.

    Des faits différents prennent un « sens commun », par effet de masse. L’espace est organisé esthétiquement. Les graphistes de presse, à la fois directeurs artistiques et maquettistes, créent des chartes graphiques et les gèrent.

    C’est insidieux. Le lecteur ne perçoit pas dans les éléments textuels et graphiques tout un travail d’organisation selon des choix. Et pourtant, chaque journal ou magazine a sa mise en page et son écriture spécifique en fonction d’elle. Le langage naturel est assisté d’un langage symbolique différent, celui des formes, des couleurs. C’est une identité visuelle à laquelle on s’attache sans bien s’en rendre compte.

    La mise en page traduit les centres d’intérêts ou la hiérarchie. Une bonne mise en page doit « allier trois qualités de base : la lisibilité, l’équilibre et l’unité. La une est un « message scriptovisuel » mêlant « code spatial (mise en page), « code iconique » (où la photo domine), le « code linguistique » qui supporte les textes et le « code typographique » qui contribue à la hiérarchisation des événements. C’est une combinaison de signes et de sens.

    Les éléments constitutifs de la Une de quotidien

    Les auteurs nous préviennent que ces éléments ne portent pas toujours le même nom selon les rédactions mais qu’ils renvoient à une grille traditionnelle.

    La manchette et le nom du journal

    La partie supérieure d’un journal contient le titre et d’autres informations pratiques (logo, date, prix, numéro). Il s’agit d’une manchette parce qu’ « autrefois les journaux étaient repliés et avaient l’apparence d’un bras de chemise ». La manchette établit la singularité de l’émetteur et la valeur qu’il veut se donner. Normalement, la manchette ne relève pas de l’espace rédactionnel, elle en est séparée par une ligne horizontale, mais, parfois, « un gros titre barrant la Une est considéré comme faisant partie de la manchette ». Il semble, d’un point de vue symbolique, que le journal nommé s’empare du gros fait du jour, le phagocyte. Il se l’approprie, l’analyse, le fait sien.

    Le logotype, deux exemples

    Libération a grossi son logo (losange rouge support du titre), qu’il a descendu parfois « sous le balcon du sommaire », avant que la Une devienne systématiquement une Une iconique (fond noir pleine page avec dessin). On a du rouge, couleur chaude, dynamique, qui réfère historiquement à la révolution. La typographie est l’Industria, moderne, de « chasse serrée » renforçant l’impact du mot.

    Le Monde : son logo n’a pas changé malgré l’évolution de la maquette. On a une « typographie gothique (Fracture du Moyen Age) » renvoyant aux débuts de l’imprimerie. Ce graphisme historicisant, vaguement aristocratique, donne une impression de sérieux, comme la production d’un atelier de moines copistes. Le logo bleu est froid et pas en phase avec sa modernisation, notamment l’emploi de nombreuse photos.

    Hiérarchie des titres

    La Une reflète le « choix de la rédaction » dans la valorisation de certains articles. Elles sont parfois soumises au lectorat dont on prend en compte les goûts et réactions. La Une reflète la ligne éditoriale qui se place en adéquation avec son lectorat. Les titres jouent des rôles essentiels, au nombre de 6 : 1/ accrocher le regard, 2/donner accès à l’essentiel « en un coup d’œil », 3/donner envie de lire 4/Structurer la page 5/hiérarchiser les informations dispensées 6/ Présence d’un gros titre avec entrée forte et concise.

    Charte visuelle : contrat tacite

    Les journaux au format tabloïd tel que Libération permettent de fortes Unes avec un titre principal et de légers « suppléments ». Les autres titres, qui n’ont pas une importance uniquement secondaire sont au « balcon » au-dessus de la manchette. L’usage d’une typographie originale jouant aussi sur les couleurs relève de l’accrochage de l’œil et fait partie de la charte visuelle tacite prise avec le lecteur conditionné, soumis à une cohérence graphique. Ce contrat de lecture discret dépend du directeur artistique qui sait la relation affective du lecteur avec « son » journal. Les informations de second rang véritable sont « rejetées » à l’intérieur de la structure graphique-paginée.

    Quels sont les moyens utilisés pour inciter à lire ? L’emploi de l’impératif (renforcement d’une « illusion d’oralité ») rappelle le temps où les titres étaient criés dans la rue par le petit vendeur à casquette et qui semblerait, selon les auteurs, renaître dans les gares parisiennes.

    Savoir conjuguer

    La conjugaison de Une ne doit surtout pas relever d’un passé clos (passé simple) mais d’un passé à retombée sur le présent (le passé composé dont l’auxiliaire est encore au présent) et préférer un futur immédiat. Le conditionnel, sauf s’il est justifié par le doute sur les sources et les événements qui y sont attachés est un déréalisateur qui fait exploser le présent de lecture. Le lecteur ne se sent pas concerné par le savoir-fiction dont il ne sait pas à quel temps il appartient.

    Les titres

    Quelle longueur pour les titres ? C’est en fonction de l’importance de l’événement, soit purement informatif (tragique, grave) soit incitatif quand l’humour est permis. Les jeux sur les sonorités, les métaphores sont bienvenus, mais pas en excès. Certains titres sont entrés « dans l’histoire » : 1/ J’accuse ! (Zola, L’Aurore), « Bal tragique à Colombey (1970, Hara-Kiri)…

    Le visuel : il s’adresse à la « pulsion scopique » du lecteur : il faut des liens clairs entre un texte aéré et la/les photo/s en plus de la titraille intermédiaire. Parfois, le lecteur attend son dessin de presse (Plantu, Le Monde), les reproductions d’œuvres picturales (Le Monde diplomatique) ou l’abondance de dessins (Charlie Hebdo).

    La photographie dans la maquette

    Elle a vocation à aérer, animer la page, renforce la crédibilité ou apporte une dimension esthétique ou ludique. Cependant certains journaux abusent des gros plans dramatiques ou des plans d’ensemble esthétisants sans commune mesure avec la discrétion nécessitée par un événement ou le caractère modeste de celui-ci. En gros, les photos suivent le principe de la proximité géographique et affective pour le lecteur, qui à tendance, dans la presse quotidienne régionale, à réagir quand survient un événement au plus près de chez soi et photographiée nettement.

    Code de lecture de l’oeil

    Le code de lecture de l’image dit que l’œil – du moins en occident – lit de gauche à droite, et que le lecteur qui se prépare à acheter un titre ou un autre dans un kiosque va privilégier un parcours des titres et illustrations depuis le haut gauche vers le bas droit. D’où la volonté des annonceurs publicitaires d’être placés vers la deuxième moitié de la page et plutôt en pas à droite ou en « rez-de-chaussée » où l’œil parvient après son survol.

    Journal en ligne, spécificité de la page d’accueil

    La presse imprimée et la presse en ligne sont-elles comparables d’un point de vue théorique mais aussi du point de vue de la « forme » ? Depuis l’apparition du Web 2.0 (l’Internet qui permet au lecteur de réagir, de poser des questions et d’obtenir la réponse d’un modérateur), la Une est une vitrine. Il arrive que certains sites bénéficient d’un portail, c’est-à-dire une « entrée dans un plus large éventail de données et de services ». Bien que le journal en ligne soit une vaste colonne plus ou moins segmentée jusqu’en bas, aux mentions légales et au contact (en minuscules), on persiste à comparer les Une de l’imprimé et du numérique.

    Journal numérique, mais pas pure player

    Dans le cas où toutes les pages d’accueil « offrent la possibilité d’avoir accès à la version numérisée complète du journal », on parle de journal « numérique », « électronique ». Au contraire du pure player qui n’existe que sur l’Internet.

    Conservation des critères classiques ?

    Yves Agnès (Manuel de journalisme) préconise six objectifs pour la mise en page sur papier : 1/ repérage 2/ hiérarchie 3/ mise en valeur 4/ accessibilité 5/ séduction 6/ identité. Cela paraît applicable à la presse en ligne : sur une « home page » les « repères visuels sont nécessaires afin de permettre à l’internaute de trouver les rubriques, les dossiers et articles dans une stabilité rassurante, un format. » Les informations doivent être hiérarchisées « selon des critères classiques ». La mise en valeur d’articles « sera facilitée par des techniques d’accroche propres au web ou parfois proches de la publicité et du markéting (bandeaux défilants, pop up (fenêtres qui s’ouvrent et qu’on peut fermer). Les « hyperliens » actualisés ou archivés, sont complétés par du son et des images animées. On peut parler de « lecture-navigation »

    La souris scrolleuse

    Dans la lecture sur écran, il existe deux types de pages : la page qui apparaît à l’écran non touchée avec la souris et la « page écran ». Dans la seconde, l’internaute « est tributaire de la taille de l’écran et de sa qualité ». Mais la page dite numérique ou électronique va « bien au-delà de l’écran : c’est la page dans sa totalité. Il faut la faire défiler pour accéder à toutes les informations. L’usage de la souris est le « scrolling ». Pas de comparaison de volume avec le « print » : la Une peut s’allonger à l’infini dès lors que l’internaute ouvre tout ce qui est cliquable. Le test : si l’on veut imprimer une page d’accueil numérique, il faut bien remplir l’imprimante de papier.

    La Une numérique : à quoi ça ressemble ?

    Vaguement au papier : de la titraille, de la typographie, de la couleur, des images etc. Mais il y a un plus. La météo, par exemple, se double d’un « chez vous » si l’application proximité géographique a été programmée. Le journal numérique donne l’illusion d’un journal à soi, personnalisé.

    Les maquettistes des journaux papier regardent du côté du numérique pour prendre des idées de structure de gabarits et des chemins de fer : les « dernières maquettes du Figaro ou du Monde ont vu leur largeur se rétrécir et ressemblent à des pages-écrans » qui auraient été imprimées. Cependant on note des détails techniques : si sur Internet la couleur ne coûte pas cher, il n’y en a plus beaucoup dans l’imprimé. Pour ce qui est de la titraille, le numérique continue comme sur le papier ; en revanche le gros titre numérique (grosse photo avec mini-texte) est cliquable pour devenir une ou plusieurs plages si l’œil du lecteur rencontre en chemin des liens.

    Le véritable titre de l’article est celui de la page d’accueil (avec de possibles jeux de mots incitatifs) tandis que la page ouverte est alors plus simplement informative et permet une analyse avec la pluralité des liens sur le sujet ou des thèmes connexes. La presse papier est acculée à un bouclage et ce qui a été dit l’aura été même si l’information a évolué quelques heures après, dans la nuit. En revanche, le numérique permet de modifier très vite l’écrit et d’enrichir le visuel (photos, infographie) : « Le tempo du Web (dans sa production et sa consommation) se rapproche de celui d’une chaîne d’info en direct. » De plus il a recours à l’audiovisuel et empiète sur les plates-bandes de la télévision et de la radio. Elle est multimédia

    La pub

    La publicité s’incruste dans la page Web et gêne la lecture sous la forme des fenêtres (pop up) plus ou moins « collées » au curseur de la souris en viralité. Les images publicitaires (du genre publireportage imprimé) peuvent induire le lecteur en erreur et l’emmener dans un parcours qu’il n’avait pas prévu, avec l’obligation de faire demi-tour et de retrouver son chemin Mais les abonnements faibles ou le parti-pris de mi-gratuité pour appeler le chaland rendent ces publicités pénibles indispensables, sauf journaux numériques indépendant tel Mediapart.

    Le culte de l’instant

    Les ennuis, que peut rencontrer l’internaute durant son parcours, créent « une saturation du champ visuel […] amènent à changer de site ou à abandonner. » Jamais un internaute ne pourra dire qu’il a lu son journal de bout en bout sachant que le site est en renouveau constant, dans une fluctuance de l’instant.

    Écran ou papier ?

    Dans la guerre économique des supports, qui va gagner ? Il semble que cela soit le numérique qui joint les possibilités de l’écrit papier et s’enrichit de sons et d’images. Mais rien n’est moins sûr. Le papier n’a pas dit son dernier mot.