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Publié : 2 septembre 2012

Revue semestrielle dirigée par le Centre d’études sur les jeunes et les médias /// Editions Publibook Université

Jeunes et médias / Les Cahiers francophones de l’éducation aux médias - n° 2, sept 2011 / Les jeunes et les phénomènes sériels / Deuxième partie

MÉDIAS ET CITOYENNETÉ EN AFRIQUE, L’ÉDUCATION AUX MÉDIAS EN QUESTION(S)

Médiateurs en danger...

En Afrique, au moment des indépendances, un transfert des technologies a permis à une grande partie des populations d’accéder à la presse écrite, à la radio et à la télévision. L’appropriation de ces médias s’est accélérée dans les années 1970, dans un contexte de démocratisation de la vie civile (abandon des partis uniques). Lorsque les pays connaissaient le parti unique, les médias publics relevaient de la propagande et du culte de la personnalité. Le discours radiophonique comportait trois thèmes : diffusion des discours des chefs politiques ; publicité persuasive et divertissement. En 1990, la radio est nationalisée et domine l’espace politique et culturel. Il n’y a pas d’intermédiaire entre le politique et le public, puisque les « médiateurs » sont censurés ou s’autocensurent s’ils tiennent à leur liberté, parfois à leur vie. En général, le grand homme, l’homme providentiel du pays séduit son électorat, massif, par les programmes radios.

Profiter des changements

Pour ceux qui possèdent la télévision (mais elle est souvent regardée collectivement dans les petites villes et villages), des stratèges en communication secondent les politiciens qui se doivent d’être charismatiques. Quelques radios privées existent – en général par l’opposant de l’homme au pouvoir – tandis que les télévisions, elles, sont publiques et ressassent les journées des présidents soucieux de l’alphabétisation, de l’amélioration sanitaire, économique des couches populaires.

Au moment où des changements significatifs s’opèrent dans les médias, en Afrique, il est peut-être opportun d’offrir aux enfants une éducation aux médias dans le sens de la citoyenneté active entre la démocratisation des sources d’information et celle des systèmes politiques. Il est peut-être opportun de réfléchir aux société africaines en pleine mutation.

Démocratisation et médiatisation…

Dans les années 1980 et 1990, dans plusieurs pays au sud du Sahara, on assiste à la mise en place progressive de systèmes démocratiques fondés sur le multipartisme et l’expression d’une presse indépendante surtout écrite. Dans celle-ci, tous les sujets peuvent être abordés. La radio a également été libéralisée, au Sénégal ou au Bénin.

L’engagement de professionnels des médias, soutenus par des organisations internationales comme l’ONU et l’UNESCO est net. Ils contribuent à renforcer la protection des journalistes. Une prise de conscience éthique et déontologique s’amorce avec la mise sur pied de structures comme les observatoires de la liberté de la presse et des droits de l’homme, des conseils nationaux de la presse.

Public ou privé, des statuts politiques inégalitaires

La couverture totale du territoire national par radios et télévisions reste le privilège des médias d’Etat. Les radios privées, en modulation de fréquence, disposent de trop peu de moyens techniques pour rivaliser avec eux. Ce sont les médias étrangers (notamment RFI pour la radio francophone) qui sont considérés par les auditeurs comme des sources d’information fiables. Les cadres, les étudiants s’offrent des paraboles pour la télévision francophone ou anglophone.

Dans un pays – dont nous ne donneront pas le nom – une Convention de la société civile dénonçait le déséquilibre dans la répartition des temps de paroles